la Mendicité, un métier sans gene par excellence

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la Mendicité, un métier sans gene par excellence Empty la Mendicité, un métier sans gene par excellence

Message par lebougiote le Lun 9 Aoû - 17:06



http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/08/09/article.php?sid=104274&cid=36

Vrais faux mendiants, une nouvelle race «d’imposteurs » est en train de se propager à vitesse grand V dans nos villes. Tombant dans le piège du gain facile, des énergumènes de tout acabit n’hésitent pas à user de tous les stratagèmes pour pousser les âmes charitables à mettre la main à la poche.
Exigeants, ils méprisent la petite monnaie, jusqu’à montrer les crocs lorsqu’elle n’est pas à la hauteur de leur attente. Munis d’une fausse ordonnance médicale pour certains, ou trimballant un nourrisson, pour d’autres, ils arpentent ruelles et venelles, pleurant misère à chaque passant. Parfois, ces pseudo-mendiants, une fois l’escarcelle bien pleine, s’engouffrent dans un bar pour noyer cette manne providentielle tombée du ciel dans quelques bouteilles d’alcool, avant de se remettre à l’ouvrage, sitôt les vapeurs éthyliques disparues.
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T’as pas cent balles ?
Ils sont jeunes, quelquefois bien sapés, et ils n’ont pas froid aux yeux. Effrontés, ils vous abordent avec un aplomb déconcertant en quémandant «aâtili âchra’laf !» (donne-moi 100 dinars). «Je revenais du marché, chargée comme une mule, raconte une dame, lorsqu’un jeune homme m’a apostrophée comme si on avait gardé les vaches ensemble. Il a même eu le culot de fixer «le prix», Monsieur ne voulait pas moins de 100 DA ! J’étais horrifiée ! Je l’ai regardé de plus près, il n’avait pas du tout l’air d’être dans le besoin. Bien habillé, assez propre, taillé comme une armoire à glace, j’ai pensé que pour oser soutirer de l’argent aux braves gens, avec autant de cran, cet énergumène mériterait qu’on le remette à sa place. Et c’est à ce moment que je me suis surprise à lui crier dessus, en lui précisant que si à mon âge avancé, je continuais encore à trimer dur pour gagner ma vie, ce n’est certainement pas pour lui payer ses cigarettes et autres... besoins ! Sans trop se démonter, il a néanmoins filé à la traque d’autres bonnes poires.»
N’accepte que les billets !
D’aucuns l’auront remarqué, les mendiants de ce nouveau genre ne se contentent pas de la menue monnaie que vous leur tendez. Ils poussent l’effronterie jusqu'à exiger un petit billet. Et si par malheur vous vous contentez de leur jeter dans leur obole une petite pièce, vous en prendrez pour votre grade. Mécontentement, mépris et même insulte. «J’ai arrêté de donner l’aumône le jour où une pseudo-mendiante m’a carrément craché à la figure», nous révèle Amina (45 ans, enseignante au lycée). Fini le temps où les mendiants bénissaient et couvraient de louanges le passant venant de faire l’aumône. «Pour avoir dit «Allah innoub» à un jeune qui faisait la manche, j’ai eu droit à un chapelet de noms d’oiseaux», témoigne une jeune fille. «Si j’étais un homme, je lui aurais flanqué une belle volée», ajoute-t- elle, dépitée. Les vrais faux mendiants ont parfois la mémoire courte. Dans la rue, ils vous agrippent, la larme à l’œil, vous balançant une histoire encore plus pitoyable que les Misérables de Victor Hugo. Une tragédie cousue de fil blanc. Le hic, c’est que la version n’est jamais la même. Nabila pouffe de rire en nous racontant une anecdote : «Près de l’hôpital Mustapha se tenait une mendiante. Elle m’avait barré la route me suppliant d’écouter son histoire. Selon ses dires, le destin s’était acharné sur elle, en lui arrachant son mari, se retrouvant seule avec 5 enfants en bas âge. Touchée par son drame, je m’empressais de lui tendre les 200 DA qui me restaient dans le porte-monnaie et passais mon chemin pour rendre visite à un de mes proches, hospitalisé. A mon retour, en empruntant le chemin inverse, je retombe sur la même veuve éplorée qui me chante une autre litanie. Cette fois-ci, j’avais affaire à une divorcée avec un enfant handicapé à 100%. C’est là où j’ai réalisé que le dindon de la farce, c’était moi !»
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L’habit ne fait pas le moine
P
our faire davantage pitié, les faux mendiants déploient des trésors d’imagination. Certaines femmes ont poussé le bouchon jusqu'à utiliser le bébé laissé à leur garde par une voisine qui travaille. D’autres faux vagabonds n’hésitent pas à battre le pavé, une fausse ordonnance à la main, en gémissant qu’ils sont à l’article de la mort. Dans ce registre, la palme d’or reviendrait certainement à cette «comédienne » qui, sitôt l’époux parti travailler, revêtait des chiffons pour descendre dans la rue et faire la mendicité. Mal lui en prit. Son conjoint découvrit le pot aux roses un jour, en rentrant à la maison beaucoup plus tôt que prévu, alors qu’elle était encore en tenue de «travail». Les voisins l’ont entendu hurler. La bastonnade qui s’en est suivie a mis un terme à toutes ses pérégrinations.
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Salaire royal
Un «commerce» qui peut rapporter gros si l’on en croit le témoignage de ce gérant d’une supérette à Alger, «Chaque soir, vers 20 h, un jeune professionnel de la manche me ramène la monnaie récoltée dans sa sacoche. A l’approche des fêtes, ça peut dépasser les 5 000 DA par jour !» À raison de cinq jours de travail par semaine, repos hebdomadaire oblige ! Voilà, là de quoi faire rougir un cadre supérieur, en matière de salaire, net d’impôt.
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SDF et digne !
Par ailleurs, le recours à la mendicité n’est pas toujours justifié par le gain facile, comme c’est le cas de ces pseudo-mendiants. Parfois, c’est l’ultime moyen de survie dont disposent les nombreux indigents qui peuplent nos rues et boulevards. Ceux-là, on ne les voit presque plus, tellement ils ont fini par se confondre avec le décor. Ils n’interpellent personne, ils sont là et n’attendent plus rien. Lors de notre virée en fin de journée dans le centre-ville de la capitale, les vrais faux mendiants regagnaient leur domicile. Mais ceux qui restaient là avaient pour seul lieu de résidence, le trottoir. Et pour seule cuisine, les poubelles. A l’image de ce jeune homme, la trentaine, peut-être plus, sinon moins… presque sans âge, avec des haillons, en guise d’habits, on a du mal à le situer dans le temps. Accroupi devant un sac de déchets ménagers, il se nourrissait directement avec les restes. Et ce qui était encore plus frappant, c’est la dignité avec laquelle il récoltait sa subsistance ! Et ça se passe en pleine rue Didouche-Mourad à Alger, en 2010 ! Sabrinal
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